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 Venin et toxicité

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Lyleina
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MessageSujet: Venin et toxicité   Mar 19 Fév - 23:47

Circonstances d'envenimation


Tous les scorpions portent, à l'extrémité du metasoma, un telson : c'est un appareil constitué d’une vésicule à venin prolongée par un aiguillon permettant l’inoculation. Celle-ci étant contrôlée par l’animal, toute piqûre de scorpion ne signifie pas obligatoirement injection de venin (ce qui peut provoquer des conséquences variables pour différentes piqûres d'une même espèce donnée). En fonction des espèces et de la sévérité de chaque piqûre, il faut entre 6 et 48 heures pour recréer l'intégralité du venin perdu lors d'une piqûre franche.

De nature craintive, le scorpion ne pique que lorsqu’il est dérangé. Actif surtout au printemps et en été, la plupart des espèces entrent en hibernation dès le début de l’automne, bien que de nombreux spécimens peuvent conserver un certain potentiel d’activité durant la saison froide. Ce comportement conditionne en grande partie les circonstances des accidents d’envenimation : il y a une forte prédominance des piqûres en période estivale, avec un pic journalier en début de soirée.
En France, une faible proportion de piqûres est également dûe à des spécimens accidentellement importés de pays chauds dans diverses cargaisons (fruits et marchandises exotiques), ou parfois par de simples touristes dans leurs bagages.



Eviter les piqûres


Il existe quelques règles simples afin d'éviter les piqûres.


  • Dans les régions connues pour abriter des scorpions (et plus généralement dans les pays chauds), évitez de glisser la main sous des pierres ou dans les fissures d'un mur.

  • Dans les pays où les scorpions sont réputés proches des hommes (Mexique, Algérie, Maroc...), pensez à bien secouer vos vêtements avant de les enfiler, et à frapper vos chaussures (retournées) avant de les mettre.

  • Ne jamais manipuler un scorpion, QUEL QU'IL SOIT, à mains nues ! Même la piqûre d'une espèce réputée "sans danger" peut prendre des proportions inquiétantes suite à une réaction allergique (bien souvent imprévisible).



Les espèces dangereuses


(Attention : liste non exhaustive)

La plupart des espèces dangereuses appartiennent à la famille des buthidés. La piqûre du genre Androctonus semble particulièrement létale, notamment au Maghreb avec des espèces telles que A. australis, A. bicolor, A. crassicauda ou A. mauretanicus. Le genre Leirus ne compte qu'une espèce, L. quinquestriatus, un scorpion à la bien mauvaise réputation d'ailleurs surnommé "Death Stalker" ("Rôdeur mortel"). Le genre Parabuthus compte aussi de nombreuses espèces dont il faut se méfier, comme P. granulatus ou P.transvaalicus.
En Amérique, on remarquera aussi le genre Centruroides, qui compte des espèces réputées dangereuses comme C. suffusus, C. noxius, C. infamatus ou C. sculpturatus. Il est important de noter que certains Centruroides sont capables de projeter leur venin à une distance de plusieurs dizaines de centimètres. Enfin, n'oublions pas le genre Tityus, dont les espèces T. bahiensis, T. trinitatis et surtout T. serrulatus semblent particulièrement dangereuses.

Evidemment, dans le cadre de l'élevage, les genres précédemment évoqués sont vivement déconseillés aux terrariophiles (surtout aux débutants). Il existe de nombreuses autres espèces tout aussi fascinantes, sinon plus, et bien moins venimeuses. Ne risquez pas votre vie inutilement !

Note : il existe également une liste d'une vingtaine d'espèces de scorpions qui seraient soi-disant les plus dangereuses au monde. Cependant, le manque de connaissances concernant le venin de nombreux spécimens et le peu d'études menées sur le sujet force à considérer cette liste avec précaution... Il est tout à fait possible que bien d'autres espèces encore mal connues soient tout aussi dangereuses, sinon plus que celles citées dans cette liste.



Traitements


Envenimation et symptômes

L'envenimation n'est pas systématique lors de la piqûre : une piqûre sans inoculation sera dite "blanche" ou "sèche", et une piqûre avec inoculation sera dite "franche". Tous les scorpions, à l'exception d'Hemiscorpius lepturus, ont un venin neurotoxique. Cependant, deux espèces (ou même deux sous-spèces) différentes n'auront jamais le même venin. Il existe un grand nombre de neurotoxiques, qui "s'attaquent" à différents nerfs et à différentes parties du corps, entrainant un nombre incalculable de symptômes différents, allant de légères crampes à la paralysie complète en passant par des maux de tête, une perte de l'équilibre, des vomissements, une perte des sens (vue, ouïe, sensibilité...) ou un essoufflement soudain. Pour plus de détail, consultez les différents degrés d'envenimation.


Que faire en cas de piqûre

1°) Première chose à ne surtout pas négliger : ne pas paniquer. La panique augmente le rythme cardiaque, et favorise la diffusion du venin dans l'organisme. Si c'est un proche qui a été piqué, le calmer et le rassurer. Garder la tête froide est le meilleur moyen de s'en sortir sans problème.

2°) Si possible, utiliser IMMEDIATEMENT un aspirateur de venin pour aspirer une partie du venin hors de l'organisme.


Un aspirateur de venin de marque Aspivenin, très répandue en France.

Les aspirateurs de venin sont des dispositifs de premiers secours en vente libre dans toutes les pharmacies qui doivent être utilisés immédiatement après une piqûre franche (c'est à dire avec inoculation de venin). Ils se composent généralement d'une pompe et d'une ventouse. La ventouse doit être appliquée de façon à pleinement cerner la zone de piqûre avant d'actionner la pompe. Grâce à un mécanisme de succion, le sang, qui contient théoriquement une grande quantité de venin, est alors aspiré hors du corps par le point de piqûre.

Les médecins semblent divisés quant à l'efficacité réelle des aspirateurs de venin. Cependant, plusieurs témoignages semblent attester que dans les cas d'envenimation scorpionique, le recours à un aspirateur de venin permet de largement diminuer les effets néphastes habituellement constatés.

De plus, recourir à cet outil contribue grandement à rassurer les victimes d'envenimation. Comme un individu calme à la suite d'une piqûre courra moins de risques qu'une personne stressée, l'utilisation d'un aspirateur de venin paraît toute indiquée suite à une piqûre de scorpion, d'autant qu'aucun effet néphaste lié à son usage n'est à craindre.

3°) Appliquer de la glace sur une large zone autour de la piqûre : le froid calme la douleur, et épaissit le sang qui circule en surface, ralentissant très légèrement la diffusion du venin. Ne pas faire de garrot : c'est inutile et risque de fatiguer le membre piqué.

4°) Même si tout semble aller bien, appeler les urgences médicales (en France, le 15, rappelons-le au cas où...) et leur expliquer calmement la situation, si possible en précisant l'espèce de scorpion coupable de la piqûre. Il vaut mieux être entouré de personnel médical au cas où surviendrait une aggravation d'état ou une apparition de symptômes allergiques.

5°) Il est très déconseillé de boire de l'alcool, ce qui aurait un effet vaso-dilatateur, favorisant la diffusion du venin. Mieux vaut boire de l'eau, et en quantité raisonnable...



Sérums


Bien que l'effet des sérums antivenin ait longtemps été discutée par la communauté scientifique, un certain nombre d'expériences préliminaires menées sur des mammifères (notamment des chiens) ont finalement démontré l'efficacité de tels produits pour lutter contre les envenimations scorpioniques.

Certains pays, dans lesquels le scorpionisme est un véritable problème de santé publique, produisent depuis quelques années déjà plusieurs litres de sérum par an. C'est le cas notamment au Mexique, pays qui compte plus de 200 espèces de scorpions, et où le taux de mortalité par envenimation scorpionique est assez élevé.

Produire ne serait-ce qu'une petite quantité de sérum est à la fois long et complexe. En effet, il faut pour cela extraire beaucoup de venin intact, ce qui s'avère particulièrement difficile : provoquer la montée du venin en envoyant des impulsions électriques au niveau du telson d'un scorpion, méthode simple et encore fréquemment utilisée, altère les sécrétions et dénature les toxines. De ce fait, l'une des solutions les plus efficaces est d'arracher la glande à venin et de directement prélever le liquide qu'elle contient... Ce qui implique la mort du spécimen. Une grande quantité de scorpions d'une même espèce est donc nécessaire pour obtenir suffisamment de venin. Résultat : le marché du scorpion se développe au mexique, et certains habitants du pays vivent de la collecte et de la revente de spécimens vivants aux institutions médicales.

Une fois suffisamment de venin collecté, celui-ci est inoculé à des chevaux élevés spécifiquement dans ce but. Les quantités de venin injectées sont dosées très précisément en fonction de l'âge et du poids de l'animal receveur. Quelques mois plus tard, le sang du cheval est prélevé et filtré. Les anticorps sont séparés du reste de l'hémoglobine, puis stockés dans des fioles conservatrices spécialement prévues à cet effet, ce qui constitue un sérum antivenin prêt à être utilisé dans les hôpitaux.

Si l'efficacité des premiers antivenins ainsi créés était relative et approximative, elle s'améliore continuellement. Les chevaux, immunisés de générations en générations, produisent des anticorps de plus en plus efficace. Tandis qu'avec les premiers sérums, il fallait agir très vite (durant le premier quart d'heure suivant l'envenimation) pour espérer obtenir une amélioration de l'état des patients, les derniers antivenins produits se montrent systématiquement efficaces, et ce même 30 minutes après la piqûre. Un résultat encourageant qui a poussé l'Australie à débuter à son tour la production de sérums adaptés aux espèces locales de scorpions, et qui pousse les Etats-Unis à revoir leur position à l'encontre de la production d'antivenins scorpioniques.


La France, quand à elle, conservait à l'Institut Pasteur de Paris divers sérums destinés à lutter contre les venins d'un certain nombre de scorpions. Cependant, celui-ci n'étant pas nécessaire dans nos contrées, il fut légué à d'autres pays plus concernés, comme l'Algérie. L'Institut Pasteur d'Alger doit d'ailleurs régulièrement fournir les hôpitaux maghrebins en sérums antiscorpioniques.


Dernière édition par Lyleina le Mer 20 Fév - 13:50, édité 3 fois
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